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Certaines mafias l’ont bien compris. Les paris truqués dans le sport sont un moyen d’amasser facilement beaucoup d’argent en un temps record. Parmi les cibles privilégiées par ces organisations criminelles, le tennis et sa cohorte de joueurs professionnels de seconde zone qui écument les tournois « Challenger » et « Futures » du circuit ATP. En Belgique, la justice a décidé d’enquêter.

Une mamie qui empoche un gain de 3 000 euros en pariant sur un match de tennis sans vedette disputé au Pérou. Un parieur qui en deux mois et demi a misé au total 45 000 euros sur des matches de tennis et de football. Le tout sous l’œil impitoyable des caméras de surveillance installées dans les officines de paris sportifs. Des images accablantes : certains parieurs sortent avant de parier un petit bout de papier sur lequel est inscrit le nom d’un joueur, comme s’ils découvraient complètement leur sujet. C’est ce type de pratique, rapportées par les opérateurs de paris, qui mettent la puce à l’oreille de la Commission des jeux de hasard, l’organe de régulation du secteur en Belgique. Elle entame alors un long et minutieux travail pour tenter de prouver qu’il y a eu manipulation d’un résultat et que des parieurs ont été trompés pendant que d’autres, beaucoup plus rares, se remplissaient les poches. La Commission, qui emploie un commissaire de police dans ses murs, rédige des procès-verbaux sur ces comportements suspects et les transmet à la justice, à un des 14 parquets que compte la Belgique. « Notre grand ennemi c’est le classement sans suite des dossiers, auquel nous nous sommes beaucoup heurtés », déclare à L’Enquête Sport le criminologue Peter Naessens, conseiller juridique à la Commission des jeux de hasard. Mais l’agence, qui dépend du ministère belge de la Justice, a enregistré en 2015 une petite victoire. Le parquet fédéral, comme l’a révélé le quotidien flamand De Tijd début septembre, a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire sur la pratique du « match fixing » – ou manipulation de résultat – dans le tennis, ciblant plus particulièrement des paris sur des matches qui auraient été truqués dans les compétitions « Challenger » et « Futures ». Ces tournois satellites de l’Association des joueurs de tennis professionnels (ATP), moins bien dotés et donc moins surveillés, sont disputés à travers le monde par des joueurs situés en deçà des 150 premières places du classement mondial. Des centaines de paris suspects auraient été émis depuis la Belgique, l’Allemagne, la Suisse et le Royaume-Uni, à la fois en ligne et depuis des officines, qui peuvent être des agences à l’enseigne des opérateurs (Bwin, Unibet, Bingoal, Ladbrokes, etc.) ou de simples comptoirs installés chez des marchands de journaux.

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