ban_Bodyfitness

Dans un documentaire diffusé en décembre 2014 sur la chaîne publique allemande ARD, Hans-Joachim Seppelt met à jour un système de dopage institutionnalisé au sein de l’athlétisme russe. Dernières révélations d’un journaliste pugnace qui mène depuis près de dix ans sa croisade antidopage.

Son caméraman, Manfred Pelz, dit de lui en riant qu’il pourrait travailler pour l’agence mondiale antidopage, tant il a souvent quelques coups d’avance sur les experts des instances internationales. Depuis près de dix ans, Hans-Joachim « Hajo » Seppelt sillonne les tribunes des compétitions sportives, les centres d’entraînement, les laboratoires ou encore les bureaux d’agences antidopage. Le reporter berlinois de 52 ans a enquêté en Chine, en Jamaïque, au Kenya, a pointé les limites du système de contrôles antidopage en Allemagne… L’affaire est cette fois-ci encore plus grosse que d’habitude. Diffusé le 3 décembre 2014 à la télévision allemande, Dopage confidentiel : Comment la Russie fabrique ses champions dresse un portrait édifiant de l’athlétisme russe gangrené par le dopage. « C’est, de loin, le documentaire qui a suscité la plus forte attention au niveau international », reconnaît Seppelt.

Selon son caméraman, le film a valu au journaliste une vraie reconnaissance, alors même qu’il était parfois moqué dans le passé pour ses questions frontales dans les conférences de presse. Son obstination à parler de dopage, haut et fort. « Quand les autres journalistes sportifs ne s’intéressent qu’à ce que l’athlète a mangé la veille de la compétition, Hajo revenait toujours aux questions de dopage », raconte d’un air amusé Manfred Pelz, qui l’a suivi avec sa caméra dans bon nombre de ses reportages à travers le monde. L’homme est opiniâtre, et le dopage est devenu son quotidien. Derrière ses lunettes, des yeux bleus attentifs. Il a le débit clair et rapide, le geste rare, même s’il s’emporte parfois un peu quand il évoque les manquements du journalisme sportif. Il précise sa pensée, revient souvent sur une formulation… Une prudence de juriste. Héritage d’une carrière d’enquêteur ? C’est en partie pour une femme que le reporter sportif a commencé à s’intéresser au sujet. Une rencontre d’abord privée se transforme en collaboration professionnelle sur le dopage, et l’incite à creuser dans cette direction. Première grande d’enquête du journaliste qui a grandi à l’ouest du Mur : un documentaire de 30 minutes en 1997 sur les jeunes nageuses de l’ex-Allemagne de l’Est, bourrées d’hormones masculines pour nager plus vite et faire briller la flamme du socialisme à l’étranger.

  •  
  •  
  •