Avant de voir l’Union Jack flotter au-dessus de ses podiums, Chris Froome est né au Kenya et a grandi en Afrique du Sud. Alors pourquoi est-ce le God Save The Queen que l’on entend à chacune de ses victoires ?

Bien avant de devenir le grand champion qu’il est, Froome a vécu une histoire peu commune. Né à Nairobi avant de déménager en Afrique du Sud à 15 ans, le jeune Chris ne s’est intéressé au cyclisme que sur le tard. Mais ses talents sur la selle et son allure atypique l’ont rapidement inscrit comme un coureur à part. Repéré par l’équipe Barloworld en 2008, le Kényan blanc a dû faire un choix fatidique : changer de nationalité (un phénomène que nous décryptions dans le quatrième numéro de L’Enquête Sport).

La raison de cette décision ? Les moyens de la Fédération britannique, capable de lui fournir tous les outils nécessaires. Grâce au passeport anglais dont il dispose depuis sa naissance, par ses grands-parents, la procédure est automatique. « C’est très difficile d’être un professionnel en Afrique du Sud ou au Kenya, notamment parce qu’il est très compliqué d’attirer les sponsors, explique Robbie Nilsen, le premier entraîneur de Froomey. Chris était également frustré par le manque de soutien des fédérations alors qu’il était passé pro. C’est pour ça qu’il a fini par courir avec une licence britannique. »

La raison plus forte que le cœur ?

Pour l’actuel leader de la Sky, ce changement de nationalité est un crève-cœur. « Son rêve, c’était de gagner le Tour pour le Kenya », nous apprend Gareth Edwards, un proche du coureur. D’autant que ses liens avec la Grande-Bretagne se limitent à des visites à ses grands-parents dans la campagne bucolique anglaise. D’ailleurs, du côté de Londres, nombreux ont été ses détracteurs l’accusant de vendre une partie de son histoire pour s’offrir les moyens de ses ambitions. Depuis 2013 et le premier Tour remporté par Froome, c’est plutôt l’inverse que l’on observe, chacun cherchant à s’attribuer une part de sa réussite.

Alors ? Kényan, Sud-Africain ou Britannique, Chris Froome ? « C’est un Britannique d’Afrique, conclut brillamment Robbie Nilsen. C’est la meilleure façon de le décrire. Il a un héritage britannique, mais ses racines jouent un rôle très important dans sa vie. » En route pour une quatrième victoire sur le Tour de France, Chris Froome l’Africain rend fiers les personnes qui ont accompagné son parcours. Quel que soit leur drapeau.

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