ban_Bodyfitness

Ils sont traileurs, triathlètes ou encore plongeurs. Tous ont opté pour la variante ultime de leur discipline, repoussant toujours plus leurs limites, surpassant sans cesse la douleur et la peur. L’Enquête Sport a tenté de comprendre comment ses athlètes parviennent à tutoyer les limites du corps humain.

122 561 km en 365 jours, soit une moyenne de 334 km par jour. C’est le nouveau record de la plus longue distance parcourue à vélo en une seule année. Un périple achevé le 9 janvier dernier par l’Américain Kurt Searvogel. L’équivalent de trois tours du monde par l’équateur. À l’évocation de ces chiffres, les questions fusent. Quelles peuvent bien être les motivations profondes pour s’affliger de telles souffrances et sacrifier un an de sa vie à ne rien faire d’autre que rouler ? « J’ai réalisé que la plupart de mes amis étaient aussi amateurs de vélo et que j’ai rencontré plus de gens en pratiquant ce sport que d’aucune autre manière. Donc, au lieu de sacrifier un an de ma vie à pédaler, je dédie un an de ma vie à rencontrer de nouvelles personnes, à découvrir de nouveaux endroits », a simplement expliqué le rider dans une logique confondante.

Quête identitaire

C’est cette même interrogation qui revient en tête à l’évocation de certaines performances sportives, en particulier dans les disciplines les plus extrêmes. Traverser la Manche à la nage (et en maillot de bain), plonger d’une plate-forme située à 27 m de hauteur, courir l’équivalent de deux, trois voire quatre fois la distance d’un marathon… Voilà quelques exemples qui laissent perplexe. « Le moteur de tout ça, c’est la passion. L’amour du sport et du dépassement de soi », résume l’ultra-triathlète Didier Woloszyn. Et, attention, question engagement, ce spécialiste du triple effort sait de quoi il parle. Durant l’été 2013, il s’est en effet lancé dans un défi complètement fou, celui d’enchaîner un Ironman par jour pendant 33 jours, soit un total de 125 km à la nage, 5 940 km à vélo et 1 392 km de course à pied en un peu plus d’un mois. Le tout, sans le moindre jour de récupération. « Nous sommes dans une société stéréotypée où l’on vit des vies ordinaires, où l’on est regardé de travers lorsqu’on fait quelque chose de différent. Il est pourtant essentiel d’aller au-delà des limites qui nous sont imposées, observe Didier Woloszyn. Physiquement, c’est la même chose. Je reste intimement convaincu que le corps humain n’a d’autres limites que celles que nous nous fixons. »

  •  
  •  
  •