Le sport américain s’est toujours gardé de se mêler de politique. Mais l’élection de Donald Trump, le 8 novembre 2016 à la présidence des Etats-Unis, a changé la donne. Un nombre grandissant d’athlètes, profondément soucieux de l’avenir d’une Amérique plus divisée que jamais, franchissent le pas et expriment leurs sentiments publiquement, n’hésitant plus à fustiger ouvertement le milliardaire new-yorkais et ses idées controversées.

Les New England Patriots serrent les rangs, ce 19 avril, dans les jardins de la Maison-Blanche. Six d’entre eux, et non des moindres, manquent à l’appel pour honorer l’invitation du président Donald Trump. Depuis leur épique et incroyable victoire en finale du 51e Super Bowl (34-28), le 5 février dernier contre les Atlanta Falcons, plusieurs d’entre eux ont ouvertement proclamé leur refus de serrer la main au nouveau locataire du West Wing et poser à ses côtés pour la postérité. Le linebacker Dont’a Hightower ne s’est guère justifié, se disant juste « blasé ». Ses camarades Martellus Bennett, Chris Long, LeGarretteBlount, Alan Branch et Devin McCourty, ont eu moins d’états d’âme. Deux d’entre eux, Long et McCourty, se sont exprimés dans une vidéo, baptisée « StandingPats (Be Patriots) » et diffusé par le site Green Stripe News, qui dénonce le mépris du président Trump pour « la diversité » de la société américaine et fait part de leur défiance envers ceux qui « pratiquent l’exclusion ». Dans un texto adressé à l’hebdomadaire Time, McCourty ajoutait : « Je n’irai pas à la Maison-Blanche. La raison est simple : je ne m’y sens pas le bienvenu. Le président affichant des opinions et des préjugés aussi marqués, je pense que certaines personnes s’y sentiront acceptées, et d’autres pas. »

Sur Facebook et Twitter, depuis, les partisans de Trump se déchaînent. Les six « renégats » ne s’y sentent peut-être pas acceptés au 1600 Pennsylvania Avenue, dans la capitale fédérale, mais le reste des Patriots est en terrain conquis. Durant la campagne électorale, le quaterback Tom Brady, futur héros du Super Bowl, n’a pas fait mystère de ses affinités avec le candidat Trump. En septembre 2016, il arborait une casquette rouge « Make America Great Again ». Deux mois plus tard, quelques heures après l’issue du scrutin présidentiel, le 8 novembre, il aurait même appelé le nouveau président élu pour le féliciter, à l’instar du propriétaire des Patriots, Robert Kraft, et de l’entraîneur Bill Belichick. Donald Trump aime les « total winners » comme eux, et il l’a fait savoir depuis sur Twitter. Obsédé par son image médiatique, autant qu’il aime l’équipe de New England, il n’appréciera pas le geste de défiance observé par Bennett, Long et les autres.

Les réceptions présidentielles sont une vieille tradition dans l’histoire du sport américain, et leur boycott également, bien que les motifs politiques soient rarement soulignés publiquement. Honneur au héros du jour, Tom Brady. En 2015, il avait esquivé l’invitation de Barack Obama, évoquant…

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